Sophie Calle, Last seen… Manet, Chez Tortoni

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© Sophie Calle

[…] dans la Photographie, je ne puis jamais nier que la chose a été là. Il y a double position conjointe : de réalité et de passé. […] Le nom du noème de la Photographie sera donc : « ça-a-été », ou encore : l’Intraitable.
Roland Barthes in La chambre claire, notes sur la photographie.

En mars 1990, plusieurs œuvres sont dérobées au Musée Isabella Stewart Gardner de Boston. Sophie Calle photographie les espaces restés vides et demande au personnel du Musée de décrire leur souvenir des objets absents. J’ai vu cette œuvre de Sophie Calle (un grand tirage photo accompagné de la retranscription écrite et encadrées des témoignages) dans une exposition du centre Pompidou, rassemblant les dernières acquisitions en matière de photographie.
J’en garde un souvenir saisissant. La photographie comme certificat d’absence. « Ça-a-été » nous dit la photographie, pour preuve, il n’y a rien, ou presque, deux clous et la marque laissée sur la tapisserie par la petite toile de Manet. « Ça-a-été » nous disent les témoignages. Et il n’y a rien à voir.

Publié par

Caroline Benichou

Si tant est que je sache faire quelque chose, je crois que je sais regarder et je sais aussi que tout regard est entaché d'erreur, car c'est la démarche qui nous projette le plus hors de nous-mêmes, et sans la moindre garantie... Julio Cortazar, Las Babas del Diablo

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