Alisa Resnik

[…] j’ai compris que la photographe est ma langue préférée ; c’est la langue à travers laquelle je m’exprime le mieux. Je peux transmettre le vécu et le ressenti, sans avoir peur d’employer un mot ou une expression qui ne soit pas adéquate.

De cette errance à travers le monde entier, nous sommes à la recherche de moments que nous pourrions arrêter et transformer en vision, à la recherche d’une révélation, d’un miroir… toujours à la recherche d’un miroir…

La nuit est son territoire. Elle se livre à ses traversées nocturnes en couleurs, sans jamais que le jour, nulle part, ne se lève. Dans ses images d’une rare puissance, ses personnages, éclatants dans l’ombre, sont nimbés d’une lumière qui rappelle la peinture du Caravage. Et cette lumière ne dit ni l’espoir ni la rédemption. Elle éclaire des visions où tout semble sans cesse sur le fil vacillant du point de rupture ou de la blessure. Des bistrots, des rues désertes, des villes blafardes, des figures égarées, seules ou mêlées, marquées, fragiles et leurs chairs pâles. Avec une constante empathie, elle vient livrer des rencontres, des instants de communion, de grâce et d’émotion. Elle dit comme les entrailles de la nuit viennent révéler la beauté, la douleur et la fragilité.

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