De la photographie couleur et de la pomme de terre…

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Claude Monet, Coquelicots, 1873 / Antonin Personnaz, Ombrelle rouge, vers 1910.

Si aucun n’ignore que les frères Lumière ont inventé le cinématographe en 1895, on oublie souvent qu’ils furent les précurseurs de la photographie en couleur. En 1907, ils commercialisèrent un nouveau procédé fascinant pour leurs contemporains : les plaques autochromes qui en permettaient la réalisation. Ce système restituait un traitement de la lumière sous la forme d’une division de la couleur en pointillés. Les plaques étaient saupoudrées de fécule de pomme de terre teinte en rouge vert et bleu. Les images ainsi réalisées ne sont pas sans rappeler la peinture de Seurat (le pointillisme) ou celle des impressionnistes. Les autochromes connurent, grâce à leur simplicité d’utilisation et à la séduction de nouveauté de la couleur, un vif succès jusqu’en 1930, mais disparurent à terme (substitués par le négatif couleur en film) car ils ne permettaient pas la reproduction des images.

A l’heure du numérique, cette invention montre que la photographie a longtemps été histoire de chimie, et parfois même, de cuisine…