This equals that, par Jason Fulford & Tamara Sopsin
Mettez-moi un peu d’enfance dans tout cela !
Louis XIV à Le Nôtre.
C’est sans conteste parmi les livres de ma bibliothèque celui qui est, chaque fois que je le feuillette, une source inextinguible de jubilation.
Il a tout du livre pour enfant (il est d’ailleurs écrit sur la 4e de couverture : “A game of connections for ages 5 to 105″) : une couverture en carton bien épais, des coins arrondis, des couleurs primaires et un titre dans une typographie rappelant celle du générique des dessins animés de la Warner.

That’s all folks ?
Pas vraiment. Ce livre devrait être mis entre les mains de ceux qui veulent comprendre le langage photographique et surtout celui de l’association des images (et pas uniquement les enfants).
Il commence un peu comme la comptine « Trois petits chats » (chapeau d’paille, paillasson etc), et rappelle donc cette figure de style que l’on nomme la dorica castra.
Les images sont simples, carrées, en couleur. Les associations sont ludiques, et chaque double page reprend à sa gauche l’image de la page de droite de la double précédente.
Les associations d’images, un peu comme des associations d’idées, commencent sur des modalités simples, jouant d’abord sur les couleurs, les formes, les contraires, mais peu à peu elles abordent les significations, des concepts plus abstraits, des rapports de cause à effet.
D’une grande simplicité, ce livre enseigne avec adresse une petite sémiologie de l’image et une approche ludique de ce que peut être le langage photographique.
Sous une forme en apparence légère et divertissante, c’est en somme un précis permettant d’aborder avec une grande clarté la compréhension et l’analyse de ce que peut être la composition de séquences d’images.



Jason Fulford & Tamara Shopsin – This equals That
20 x 20 cm – 80 pages
Aperture, 2014 – ISBN 9781597112888