Daido Moriyama, Hokkaido, 1978

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© Daido Moriyama

Tout serait plus simple si on ne t’avait pas inculqué cette histoire d’arriver quelque part, si seulement on t’avait appris, plutôt, à être heureux, en restant immobile. Toutes ces histoires à propos de ton propre chemin. Trouver ton chemin. Suivre son chemin. Alors que si ça se trouve on est fait pour vivre sur une place, ou dans un jardin public, là sans bouger, à faire que la vie passe, si ça se trouve on est un carrefour, le monde a besoin qu’on reste là sans bouger, ce serait une catastrophe si on s’en allait, à un moment donné, suivre notre route, mais quelle route ? les autres sont des routes, moi je suis une place, je ne mène à aucun endroit, je suis un endroit.
Alessandro Baricco, City

Juste une route, une échappée, vaguement luminescente vers un horizon incertain et un ciel lourd. Au sol, l’ombre noire de Moriyama se découpe.
Quelque chose de l’errance et de la désolation. D’une vague empreinte que le photographe laisse : finalement toujours un peu de lui qui vient s’inscrire confusément dans l’image, comme une prégnance récurrente et fantomatique au monde. Quelques bribes amassées de mémoire.
Il peut bien parcourir le monde, le photographe reste le lieu commun de la photographie.